Naufragés des villes

NAUFRAGÉS DES VILLES

Lorsqu’on sait qu’un travailleur touchant le salaire minimum gagne moins de 19 650 $ annuellement, et qu’une personne seule apte au travail reçoit environ 7000 $ par an de l’aide sociale, on s’interroge : comment peut-on vivre décemment avec une somme pareille? Comment faire, tout simplement, pour garder le moral?

Laissant derrière eux leur vie confortable, deux volontaires ont été parachutés en plein centre-ville avec un sac à dos pour tout bagage et l’équivalent d’une prestation d’aide sociale en main (592,08 $ par mois), les cobayes ont eu pour mission de s’inventer une nouvelle vie : se loger, se nourrir, se vêtir, se chercher un emploi... et se heurter aux préjugés.

Sous l’oeil analytique d’experts et d’intervenants sociaux triés sur le volet, leur aventure est le fil conducteur de 10 épisodes qui abordent différents thèmes qui se profilent derrière celui de la pauvreté : le défi du logement, les contraintes alimentaires, le phénomène d’endettement, l’accès aux soins, la réinsertion au travail, les réseaux d’entraide, l’estime de soi, etc.

(voir le dossier complet sur le site de Radio-Canada.ca.)

Qui a dit que se nourrir était essentiel? Il faut d'abord payer le loyer et les comptes. Après, on verra. C'est probablement pour cette raison que 2,7 millions de Canadiens devront faire face à l'insécurité alimentaire au cours de l'année...

Avec le montant minimum de l'aide sociale, Pierre et Emmanuelle n'échappent pas à l'obligation de gérer leur budget de nourriture de façon très serrée. Dans sa nouvelle chambre, Pierre dispose d'une mini cuisinière, mais, pour faire à manger, il doit investir dans quelques articles de cuisine indispensables, qu'il magasine à l'Armée du Salut et au Dollarama. De son côté, Emmanuelle tente une autre approche. Elle a décidé de faire des provisions à petit prix en participant à une cuisine collective. Une bonne solution dans sa situation actuelle.

Lire la suite : Épisode 06 — Se nourrir

La pauvreté n'a pas d'âge. On peut la croiser très tôt, lorsqu'on est enfant, parce que nos parents sont pauvres. Mais, il y a aussi les aînés pauvres, sans aucune chance de se refaire. Et, enfin, il y a les immigrants pauvres. La pauvreté n'a donc ni âge ni frontières...

Dans cet épisode, Pierre se démène pour aller chercher le supplément de revenu de 200 $ auquel il a droit comme assisté social. Il fait appel à un ancien ami qui dirige une entreprise de sondage et obtient un emploi temporaire d'interviewer, au bas de l'échelle. Quant à Emmanuelle, elle donne de son temps dans une soupe populaire qui aide beaucoup d'immigrants à faire la transition dans leur nouveau pays d'accueil.

Lire la suite : Épisode 07 — Grandir pauvre

Pas facile de se tenir à flot financièrement. Qu'à cela ne tienne, il existe des baguettes magiques comme les cartes de crédit! Qu'on soit pauvre ou riche, ça règle un paquet de problèmes. Enfin, jusqu'à preuve du contraire...

Subsister. Passer à travers. C'est le but de nos deux naufragés. Emmanuelle s'est enfin trouvé un emploi : vendeuse de crème glacée. La voilà soulagée, elle qui se trouvait sur la corde raide. En deux jours, elle atteint les 200 $ de revenus supplémentaires que l'aide sociale lui permet de toucher en sus de sa prestation. Ça mérite bien une petite bouteille de vin! Quant à Pierre, il ressent l'urgence de recevoir son chèque de paie. Dans l'attente et l'incertitude, il visite la boutique d'un prêteur sur gages pour y vendre des objets, dont un de valeur importante qui, hélas, ne lui appartient pas...

Lire la suite : Épisode 08 — Exister économiquement 

Quand on est pauvre, la santé devient secondaire. Sans assurances, adieu dentistes, opticiens et psychologues! Il faut d'abord manger, se loger et se vêtir. Survivre est la première considération; si la santé vient avec, tant mieux...

Affligée par une sinusite, Emmanuelle réalise en pharmacie que 15 $ pour des médicaments sans ordonnance, c'est trop. Les 35 $ la veille pour un concert lui laissent un goût amer. Quant à Pierre, il doit absolument se rendre au chevet de sa fille, à Québec, où elle subit une chirurgie importante. Pour notre apprenti assisté social, la dépense fait mal. Montréal-Québec, aller-retour : 64 $. On ne s'en sort pas. L'argent, c'est le nerf de la guerre. Peu importe les circonstances.

Lire la suite : Épisode 09 — Se soigner

Les naufragés reviennent à Montréal pour témoigner de leur expérience de la pauvreté. Que leur a-t-elle laissé comme bagage? A-t-elle changé leur perception? Les a-t-elle changés, eux? Avec un recul de quatre mois, ils refont le voyage en notre compagnie...

Le retour des naufragés en sol montréalais ravive les souvenirs. Ceux-ci sont remplis d'images vives de petits bonheurs, de grandes détresses, de paniques intérieures et de tous les autres sentiments de survie liés à leur situation précaire. Pierre et Emmanuelle revivent leur parcours de deux mois, étape par étape. Un parcours tissé de choses simples, qui leur ont pourtant souvent compliqué la vie : se loger, se nourrir, trouver du travail. Entre les images passées et leur vision actuelle se dessine le carnet de bord d'une expérience humaine marquante, toujours vivante.

Lire la suite : Épisode 10 — S'engager

NAUFRAGÉS DES VILLES

Membre