Naufragés des villes

NAUFRAGÉS DES VILLES

Lorsqu’on sait qu’un travailleur touchant le salaire minimum gagne moins de 19 650 $ annuellement, et qu’une personne seule apte au travail reçoit environ 7000 $ par an de l’aide sociale, on s’interroge : comment peut-on vivre décemment avec une somme pareille? Comment faire, tout simplement, pour garder le moral?

Laissant derrière eux leur vie confortable, deux volontaires ont été parachutés en plein centre-ville avec un sac à dos pour tout bagage et l’équivalent d’une prestation d’aide sociale en main (592,08 $ par mois), les cobayes ont eu pour mission de s’inventer une nouvelle vie : se loger, se nourrir, se vêtir, se chercher un emploi... et se heurter aux préjugés.

Sous l’oeil analytique d’experts et d’intervenants sociaux triés sur le volet, leur aventure est le fil conducteur de 10 épisodes qui abordent différents thèmes qui se profilent derrière celui de la pauvreté : le défi du logement, les contraintes alimentaires, le phénomène d’endettement, l’accès aux soins, la réinsertion au travail, les réseaux d’entraide, l’estime de soi, etc.

(voir le dossier complet sur le site de Radio-Canada.ca.)

Selon les Nations unies, le Canada figure au 4e rang mondial pour sa qualité de vie. Pourtant, on y recense plus de 3 millions de personnes vivant en situation de pauvreté. Mais, être pauvre, ça signifie quoi, au juste?

C'est ce que deux volontaires vont découvrir. Ils s'apprêtent à tout quitter pendant deux mois pour vivre l'expérience de la pauvreté. Sans rien d'autre qu'un sac à dos et un chèque d'aide sociale de 592,08 $ en poche, ils appréhendent un avenir incertain en milieu inconnu. Pierre Côté, 53 ans, un consultant en marketing de Québec, et Emmanuelle Chapados, 27 ans, une diplômée en communications de Moncton, doivent s'organiser rapidement alors qu'ils sont parachutés dans Montréal, coupés de leur passé.

Lire la suite : Épisode 01 — La Pauvreté 101

L'itinérance est un phénomène qui dérange et qu'on voudrait cacher. Le cliché évoque instantanément le vieux clochard ivrogne. Mais, la réalité est différente. L'itinérance révèle bien d'autres visages...

Nos deux volontaires sont immergés dans leur nouvelle réalité. Emmanuelle est toujours itinérante. Après plusieurs appels infructueux pour trouver un logement qui cadre dans son budget, elle se résout à dormir dans un refuge pour femmes. Quant à Pierre, il apprécie ses nouveaux colocataires, même si l'appartement n'est pas très propre. Avec l'un d'eux, il part chercher de la nourriture dans une banque alimentaire. Chaque dollar compte.

Lire la suite : Épisode 02 — L'itinérance

Le logement est un besoin de base. Pourtant, au Canada, beaucoup de gens vivent, soit dans la rue, soit dans des logements insalubres, ou encore ils payent beaucoup trop cher et doivent amputer leur budget consacré aux autres besoins essentiels.

Nous ne devrions pas consacrer plus de 30 % de nos revenus au logement. Alors, lorsqu'on vit de l'aide sociale ou qu'on touche un salaire dérisoire, impossible de ne pas excéder ce ratio sans devoir couper ailleurs! À travers la réalité d'Adrienne, puis de Gaëtan, nous verrons qu'avoir un simple toit est un privilège coûteux pour les plus défavorisés.

Lire la suite : Épisode 03 — Le Logement 

En 2005, 14 millions de Canadiens ont gagné moins de 20 000 $. Ils représentent ce qu'on appelle des « travailleurs pauvres », des gens qui travaillent sans nécessairement arriver à joindre les deux bouts.

Pierre et Emmanuelle se trouvent temporairement dans cette situation. Au mieux, ils espèrent travailler au salaire minimum. Mais, après une deuxième entrevue dans une chaîne de restauration rapide et un test psychologique sur Internet, Pierre est toujours sans emploi. Quant à Emmanuelle, elle investit 20 $ dans un vieux vélo. Une folie qui lui procurera cependant plus de mobilité dans sa recherche de travail.

Lire la suite : Épisode 04— Le Travail

Il existe pire que la misère. Il y a les clichés qui l'entourent et qui assombrissent le quotidien des 1,7 million de prestataires d'aide sociale du Canada. Plusieurs considèrent ces derniers comme des paresseux qui profitent du système, en perpétuelles vacances, assis sur leur galerie en attendant leur chèque... Pierre déplore qu'on mette tous les bénéficiaires de l'aide sociale dans le même panier. L'expérience l'a amené à voir de ses propres yeux qu'au-delà des clichés, bien des gens n'ont que cet ultime recours et souhaitent véritablement s'en sortir.

Pierre et Emmanuelle reçoivent le montant de l'aide sociale, mais ils n'ont pas dû faire les démarches pour l'obtenir. Alors, pour le bénéfice de l'expérience, Pierre se soumet à cet exercice fastidieux en remplissant tous les documents. Il se rend vite compte que la vie d'un demandeur d'aide sociale est comme un livre ouvert au regard des agents de la Sécurité du revenu.

Lire la suite : Épisode 05 — Les mytes du BS

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