«le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire

 

— Albert Einstein

 

L'organisme utilise des affiches électorales pour condamner le 23 rue Morin


Logemen'occupe a placardé l'édifice du 23 Morin avec des pancartes électorales de Marc Bureau et Luc Angers.

photo: Michel Lafleur, LeDroit

 

Louis-Denis Ebacher
Le Droit

L'organisme de défense des mal logés, Logemen'occupe, a lui-même condamné un logement de la rue Morin, dans le Vieux-Hull à Gatineau, un taudis que son coordonnateur aimerait voir détruit que de le tolérer dans son état de délabrement actuel.

« La Ville a l'autorité de l'évacuer, mais elle ne l'a pas fait », dénonce le coordonnateur, François Roy.
La façade du 23, rue Morin, est a été placardée de pancartes électorales du maire sortant, Marc Bureau, et du conseiller municipal responsable des dossiers liés à l'habitation, Luc Angers.

M. Roy s'est défendu, souriant, d'avoir lui-même récupéré les pancartes ailleurs dans la ville pour les brocher au mur de l'édifice, jugé insalubre. «On ne les a pas décrochées. Il ventait fort, a dit François Roy. De toute façon, on leur fait de la bonne publicité !»

Le 23, Morin, tout comme les bâtiments des adresses civiques 25 et 27, doit être détruit pour faire place à du logement social, plaide M. Roy. Son organisme a pu trouver une place temporaire à la famille évacuée, neuf réfugiés originaires de la Côte d'Ivoire, jusqu'à son déménagement dans une habitation à loyer modique, en novembre prochain.

L'insalubrité n'est pas la faute des anciens résidants, «des gens consciencieux et très propres, qui, comme beaucoup de gens, ne peuvent trouver de logement assez grand et abordable.»

Appelé à réagir, le maire Bureau, a assuré que le dossier des taudis de la rue Morin progressait. « On vient de terminer la liste des déficiences », dit-il, rappelant que les avocats de la Ville rencontreront bientôt ceux du propriétaire. « Dans ce cas précis, précise-t-il, la responsabilité ne revient pas seulement au propriétaire. L'occupant a une bonne part de responsabilité là-dedans. »

L'organisme dénonce depuis des années le propriétaire de ces logements, Paul Tovan, qui ne fournirait pas le strict minimum prévu par la Régie du logement. « On trouve des coquerelles et des rats, la structure est en train de s'effondrer, les problèmes électriques peuvent causer un incendie à tout moment, des infiltrations d'eau et une isolation déficiente qui fait monter les coûts de chauffage à 2 000 $ par année. »

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