«le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire

 

— Albert Einstein

 


<p>Pierre Allard</p>
Pierre Allard
Le Droit

L'écart existant entre les super riches et le reste de la planète est révoltant, scandaleux. Comment justifier le fait qu'un pour cent des humains possède près de 50% des richesses mondiales? Comment croire que cela puisse aller sans conséquences? «Le fossé persistant entre les revenus des citoyens les plus riches et ceux des plus pauvres est considéré comme le risque susceptible de provoquer les dégâts les plus graves dans le monde au cours de la prochaine décennie», prophétisait le Forum économique mondial en janvier 2014.

Le pire, c'est que ce déséquilibre insoutenable n'a pas tendance à se redresser. La situation empire! Selon un rapport de l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique), rendu public cette semaine, les inégalités de revenus se creusent, les plus fortunés accaparant une part démesurée de la richesse créée par la croissance. Et le Canada compte parmi les pays où l'écart entre riches et «autres» s'élargit le plus vite. Ici, le vexatoire «1%» a mis le grappin sur 37% des nouveaux revenus! Les deux tiers de la croissance des revenus sont engrangés par les 10% les mieux nantis.

On peine à oser des comparaisons tant les déséquilibres sont inimaginables. Le gouvernement québécois, pour assurer le fonctionnement de l'État, des hôpitaux, des écoles, pour offrir tous les services qu'un gouvernement doit rendre à une population de huit millions de citoyens de tous âges, a dépensé 73 milliards de dollars en 2013. Pendant ce temps, la société pharmaceutique américaine Pfizer réussit, à elle seule, à mettre sur la table un magot de 100 milliards$ US pour tenter d'acheter son concurrent britannique! Et que dire de la fortune personnelle du magnat Bill Gates, qui frise les 76 milliards.

Pendant que des organismes comme Logemen'occupe, au service des plus démunis en quête de logements abordables, sont menacés d'asphyxie parce les minables subventions qui assuraient leur survie sont coupées et qu'aucun mécène du «1%» n'y voit une cause digne de son intérêt, nos gouvernements - nos représentants élus - se sont fait complices du grand déséquilibre. Au cours du dernier demi-siècle, la part des impôts et taxes payés par les entreprises n'a-t-elle pas chuté de façon dramatique, passant de 55% à 18% au fédéral, et de 38% à 11% au Québec? Et qui paie la note? Les particuliers bien sûr.

Si les gens ont l'impression que les riches s'enrichissent davantage pendant que les classes moyennes et pauvres font au mieux du surplace, ils ne se trompent pas. La plus récente crise financière semble avoir sonné la clochette d'alarme un peu partout, 21 des 34 pays membres de l'OCDE ayant récemment augmenté les taux d'imposition des citoyens aux revenus les plus élevés. Jeudi, l'Ontario a proposé d'emboîter le pas en ajoutant 5500$ à la facture moyenne d'impôt des contribuables qui gagnent entre 220000 $ et 515000 $ par année. Redressement léger, s'il se réalise, mais bienvenu dans un pays autrement à la traîne.


<lire l'article original sur LeDroit.ca>

Membre