«le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire

 

— Albert Einstein

 

Moisissure, vermine et coquerelles faisaient partie de son quotidien


Roland Lebrun a vécu un an et demi dans l'un des appartements visés sur la rue Morin.

Photo: Étienne Ranger, LeDroit

 

Catherine Lamontagne
Le Droit

 

Après avoir vécu un an et demi dans un taudis de la rue Morin du secteur Hull, un ancien locataire a porté plainte auprès de la Ville de Gatineau pour exiger la démolition des lieux.

Roland Lebrun a vécu l'horreur dans un des logements de la rue Morin. Avec ses quatre enfants, il a vécu à travers la moisissure, la vermine et les coquerelles, sans compter les températures glaciales durant l'hiver. « J'ai encore des factures de gaz et d'électricité à payer. Les locataires se retrouvent avec des factures de 2000 $ et 3000 $ pour un hiver. C'est impossible à payer », indique M. Lebrun.

Après un an et demi, Roland Lebrun et sa famille ont réussi à s'acheter une maison et à quitter leur appartement de la rue Morin. Tous n'ont toutefois pas eu cette chance. L'un des locataires actuels des lieux habite un appartement de trois chambres avec huit autres personnes. En plus de l'eau qui s'infiltre dans l'une des chambres et de la moisissure présente dans plusieurs pièces de l'appartement, plusieurs rats entrent dans la maison par un trou situé dans le plancher de la cuisine.

« Je me suis fait mordre par un rat durant la nuit et parfois ils (les rats) sont toute une famille sous le lave-vaisselle », raconte ce locataire qui préfère garder l'anonymat.

À l'instar des autres locataires de la rue Morin, cet homme paie un loyer mensuel de 800 $ en plus des factures pour tous les autres services. Les locataires ont demandé à de nombreuses reprises au propriétaire d'effectuer des réparations pour rendre les lieux plus sécuritaires, sans succès.

« Les gens sont dans la rue. Ils n'ont pas le choix d'habiter dans ses appartements là même si le prix est cher. En plus, aussitôt que tu as plus de trois enfants, les propriétaires refusent de louer leur logement », déplore M. Lebrun.

Le propriétaire des trois immeubles à logements de la rue Morin, Paul Tovan, possède plusieurs logements dans le centre-ville de Hull. Aux dires de Logemen'occupe, l'état de ces autres logements laisse aussi à désirer.

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Le Droit

Des locataires de la rue Morin seraient à risque en raison de l'état de leur logement

 

Étienne Ranger, LeDroit

Catherine Lamontagne
Le Droit

Un propriétaire de taudis situés dans le secteur Hull, à Gatineau, pourrait se voir obliger de détruire ses immeubles à logement par les autorités municipales.

À la suite d'une plainte reçue par un ancien locataire d'un appartement de la rue Morin, la Ville de Gatineau étudie la possibilité de faire détruire les immeubles appartenant à Paul Tovan, un propriétaire ayant plusieurs démêlés avec les autorités municipales au sujet de l'état de ses logements.

« J'ai été mis au courant de la situation vendredi et j'attends des nouvelles des inspecteurs de la Ville d'ici demain (aujourd'hui). Je suis en faveur d'une démolition complète à condition de pouvoir relocaliser les familles qui se trouvent dans ces logements. Nous avons l'autorité nécessaire pour demander une telle démolition », a indiqué le conseiller municipal du district des Promenades et président de la Commission permanente sur l'habitation, Luc Angers.

« Je me suis fait mordre par un rat durant la nuit et parfois ils sont toute une famille sous le lave-vaisselle. » - Roland Lebrun

L'insalubrité des logements de la rue Morin est une source d'inquiétude pour les locataires depuis plusieurs années. En 2004, 10 d'entre eux s'étaient retrouvés sans eau ni chauffage à la veille de Noël.

« En 2004, le maire Marc Bureau, qui était alors conseiller municipal, avait pris tous les engagements pour que les travaux soient faits sur la rue Morin. Quatre ans plus tard, la situation est catastrophique et on se retrouve avec des installations déficientes. J'invite M. Bureau à venir voir ces appartements et à constater l'état des lieux. On pourrait croire qu'on est au tiers-monde », affirme François Roy, coordonnateur de Logemen'occupe.

Locataires à risque

La liste des travaux à effectuer dans les logements de la rue Morin, dont le loyer mensuel varie entre 750 $ et 800 $, est longue aux dires de Pierre Vachon, un inspecteur immobilier de Gatineau. Les appartements sont mal isolés, les systèmes d'électricité et de plomberie ne sont pas sécuritaires et l'eau s'introduit à plusieurs endroits dans les appartements.

« Les locataires de ces appartements sont à risque à plusieurs niveaux. Il faudrait énormément d'investissement pour faire toutes les rénovations nécessaires et il faut se poser la question à savoir si de telles rénovations valent vraiment la peine ou s'il vaut mieux détruire. On voit des choses dans ces appartements qu'on ne veut pas avoir », a indiqué M. Vachon, lors d'une visite de l'un des appartements avec LeDroit.

Dr. Gilles Aubé, candidat du PQ lors des élections de 2012

 

 

De la vermine, de la moisissure et des insectes ont aussi été observés par l'inspecteur durant sa visite. Certaines familles doivent également cohabiter avec des rats et des pigeons dont les excréments se retrouvent sous la corniche. « Ces locataires vivent dans des conditions favorables pour souffrir de maladies respiratoires, de maladies de la peau, attraper différents types de grippe durant l'hiver et même la grippe H1N1. Il s'agit d'une situation absolument inacceptable », soutient le médecin Gilles Aubé, qui était aussi sur les lieux lors de la visite d'un appartement.

Bandits à cravate

Selon M. Roy, 10 % des logements situés sur le territoire de Gatineau nécessitent des réparations majeures. « On parle beaucoup des bandits à cravate de la finance, mais il y a aussi des bandits à cravate dans le secteur du logement et M. Tovan est l'un de ceux qui se spécialisent dans la location de taudis », estime François Roy.

Au moment de mettre sous presse, hier, il avait été impossible de s'entretenir le maire de Gatineau, Marc Bureau.

Un propriétaire de taudis particulièrement récalcitrant

ARCHIVE, LEDROIT


Patrick Duquette
Le Droit

 

La Ville de Gatineau envisage une série de recours pour mater un propriétaire de taudis particulièrement récalcitrant. Paul Tovan est propriétaire de plusieurs logements à Gatineau, dont des logements infestés par la vermine, les moisissures et les insectes sur la rue Morin.

Depuis 2004, Paul Tovan a été la cible de 55 constats pour des infractions au règlement d'urbanisme et de sécurité incendie, dont 35 ayant mené à une déclaration de culpabilité.

Même s'il a dû payer des amendes totalisant 10 000 $ jusqu'ici, M. Tovan semble continuer à négliger l'entretien de ses logements. Il doit comparaître à la fin septembre pour 18 infractions remontant à l'hiver dernier et concernant le chauffage déficient de certains édifices.

« Il nous rit en pleine face »

Le comble, pour la Ville, c'est que malgré les nombreuses infractions commises, M. Tovan a obtenu une subvention du programme Rénovation Québec.

« Il nous rit en pleine face », a laissé tomber hier Denise Laferrière, présidente du comité consultatif d'urbanisme.

Le maire Marc Bureau a lancé un message clair à ses fonctionnaires, en plaidant pour des mesures plus sévères contre les propriétaires délinquants.

« C'est très difficile pour les familles prises dans ces logements. [...] Il faut aller beaucoup plus loin que présentement, il faut trouver le moyen d'être plus sévère. »

Hier soir, le conseil municipal a renforcé son règlement sur la salubrité des habitations et des logements adopté en 2006.

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