«le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire

 

— Albert Einstein

 

LeDroit

Le coordonnateur de Logemen'occupe recommence à manger

Photo: PATRICK WOODBURY, LEDROIT

Charles Thériault
Le Droit

Croquant dans une pomme et satisfait d'avoir obtenu une rencontre avec le ministre québécois Laurent Lessard, le coordonnateur de Logemen'occupe, a interrompu sa grève de la faim lors d'une manifestation en faveur du logement social tenue hier à Gatineau.

Il avait réuni une trentaine de personnes à Gatineau pour annoncer qu'il avait obtenu une rencontre avec le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, le 23 septembre prochain, afin de discuter de la pénurie de logements abordables à Gatineau, Il a donc mis un terme à la grève de la faim qu'il avait entamé au milieu de la semaine dernière. « Il y a un grand pas d'accompli mais il n'y a rien de gagné. Nous voulons que le ministre Lessard reconnaisse qu'il y a une crise du logement abordable dans l'Outaouais et qu'il nous donne les outils nécessaires pour y faire face et venir en aide aux sans-logis. C'est déplorable que l'on doive en arriver à un moyen aussi extrême que la grève de la faim mais il faut faire avancer les choses, a affirmé M. Roy.

« Le gouvernement doit reconnaître la situation et mettre sur pied un comité de crise. L'Outaouais est la seule région du Québec où l'on trouve à l'année longue, des familles sans logis. On va rappeler au ministre Lessard que le gouvernement a pris des engagements (en matière de logement abordable) mais qu'il ne les respecte pas », a déclaré M. Roy.

Court, moyen et long terme

Les groupes d'aide aux mal-logés vont donc demander des mesures à court, moyen et long termes. À court terme, ils réclament le retour de l'aide financière permettant aux personnes démunies de se loger sur le marché privé en attendant d'obtenir une place dans une habitation à loyer modique (HLM). Ils réclament également des mesures pour aider les familles à entreposer leurs meubles durant une période de crise, du soutien communautaire et la mise sur pied d'un comité de crise formé de représentants des organismes communautaires et des représentants des organismes publics qui ont, selon M. Roy, un rôle très important à jouer.

François Roy reconnaît qu'il est difficile de convaincre les politiciens de l'existence d'une crise du logement lorsque les taux d'inoccupation des logements locatifs ne sont pas à un niveau critique. « Avant 2005, le gouvernement reconnaissait la crise du logement mais aujourd'hui, les logements disponibles pour les familles à faible revenu ne sont pas plus nombreux. Les gens sont alors forcés d'aller vivre dans des logements insalubres », a ajouté M. Roy.

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Le Droit

Pénurie de logements sociaux
 

SIMON SÉGUIN-BERTRAND, LEDROIT

Guillaume St-Pierre
Le Droit

 

Le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy, n'entend pas cesser sa grève de la faim. « Je vais continuer tant et aussi longtemps que je n'obtiens pas la confirmation d'une rencontre avec le ministre. »

 

« Certains devront prévoir 50 % ou 60 % de leur revenu pour se loger » - François Roy


François Roy, coordonnateur de Logemen'occupe.
SIMON SÉGUIN-BERTRAND, ARCHIVES LEDROIT

Mathieu Bélanger
Le Droit

 

Une trentaine de locataires du plus gros organisme sans but lucratif d'habitation de l'Outaouais, victimes d'une décision administrative, sont à risque de perdre leur logement d'ici la fin du mois d'août.

Dans une lettre envoyée à la fin du mois de juin, l'entreprise de gestion immobilière Immogeste a informé les locataires des Habitations populaires de l'Outaouais (HPO) qu'ils verraient leur loyer augmenter de façon importante entre août et novembre prochains, à la suite d'une révision du calcul de la subvention provenant de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).

Pour certains locataires, souvent des bénéficiaires de l'aide sociale, des personnes âgées ou fragilisées, cela représente une augmentation de 200 $ du loyer mensuel. « Certains devront donc prévoir 50 % ou 60 % de leur revenu pour se loger, c'est dramatique pour ces personnes », indique le coordonnateur de l'organisme Logemen'occupe, François Roy. « On se bat d'un côté pour obtenir de nouveaux logements sociaux et de l'autre on perd ceux qui existent déjà. C'est inconcevable. »

Ce dernier explique que la situation découle d'un programme de la SCHL, le 56.1 dont les subventions sont basées sur les taux d'intérêts en cours. « La baisse des taux d'intérêts est responsable de la situation, dit-il. En réalité, ce programme de la SCHL n'est tout simplement plus adapté à la réalité d'aujourd'hui. La SCHL doit revoir ses programmes », explique M. Roy.

« Je crois que le conseil d'administration de HPO ne se rend pas compte de l'ampleur de leur décision sur la vie des locataires touchés. L'organisme doit trouver d'autres alternatives »

Le député bloquiste de Gatineau, Richard Nadeau, a affirmé que la SCHL doit revoir rapidement les conventions d'exploitation qui la lie à l'organisme sans but lucratif d'habitation. Selon lui, la SCHL, qui profite de surplus de 11 milliards $, a les moyens de bonifier les subventions qu'elle octroie.

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LeDroit

Logement insalubre sur la rue De Lausanne


François Roy de Logemen'occupe dénonce l'inaction de la Ville de Gatineau dans le dossier d'un logement avec des problèmes de moisissures qui a forcé Côme Nteturuye, Imede Niyibiz et leur quatre enfants à quitter leur appartement du 75, rue De Lausanne.

ÉTIENNE RANGER, LEDROIT

Louis Lafortune
Le Droit

Deux organismes communautaires dénoncent l'inaction de la Ville de Gatineau dans le dossier d'un logement avec des problèmes de moisissures qui a forcé une famille de réfugiés du Burundi à quitter leur appartement du 75, rue De Lausanne.

Le couple Côme Nteturuye, Imede Niyibiz et leurs quatre enfants ont finalement quitté leur logement en demi sous-sol, le 22 janvier dernier, pour déménager dans un appartement de dépannage de l'organisme Mon Chez Nous.

« Malgré les multiples demandes, la Ville n'a pas inspecté le logement. Pire, il semble y avoir un discours où l'on culpabilise les locataires. Pourtant, on connaît bien les risques associés aux moisissures et leurs conséquences sur la santé », a dit François Roy, coordonnateur de Logemen'occupe, lors d'un point de presse, hier.

Conjointement avec Les Oeuvres Isidore Ostiguy, Logemen'occupe a fait faire une inspection des lieux par Pierre Vachon, un inspecteur en bâtiment avec l'entreprise Service d'inspection immobilière de Gatineau Inc.

Selon ce rapport, il y avait un taux d'humidité de 51,2 % avec une température de 18 degrés Celsius. « Ceci est moyen comme taux d'humidité et de température », écrit-il.

Pour François Roy et Louise Guindon, directrice des Oeuvres Isidore Ostiguy, c'est la preuve que les moisissures ne sont pas causées par les locataires, tel que le maintient le gestionnaire des appartements, qui blâmait entre autres le séchage des vêtements à l'air libre et le fait de surchauffer de l'appartement.

Une conseillère surprise

La conseillère Sylvie Goneau, présidente de la Commission permanente sur l'habitation de Gatineau, a semblé surprise par la sortie des deux organismes, hier. La Ville, dit-elle, était pourtant en contact avec la famille, car une première plainte a été signalée le 30 novembre. Mais les procédures habituelles n'ont pas été suivies par la suite.

La Ville doit tout d'abord attendre qu'un locataire et un propriétaire tentent de s'entendre avant d'intervenir, a expliqué Mme Goneau.

« Dans des cas de logements insalubres, le locataire doit premièrement envoyer une lettre au propriétaire. Le locataire peut ensuite se tourner vers la Ville si le propriétaire refuse de corriger la situation. Ce qui n'a pas été fait dans ce cas-ci. »

Mme Goneau se demande pourquoi la famille a déjà quitté lorsque les procédures n'ont pas été enclenchées.

Elle reconnaît par ailleurs que la Ville manque actuellement d'inspecteurs pour assurer le respect de son nouveau règlement sur la salubrité.

Propriétaire silencieux

La famille Nteturuye-Niyibiz a pu quitter son logement le 22 janvier dernier, en invoquant l'article 1915 du Code civil du Québec qui permet de quitter pour cause d'insalubrité.

Le propriétaire ou gestionnaire a ensuite une dizaine de jours pour contester ce bris de bail, ce qui n'a pas encore été fait.

Le gestionnaire du 75, rue De Lausanne est Immomarketing Inc. de Saint-Lambert.

Un représentant de l'entreprise à Gatineau n'avait pas donné suite aux appels du Droit, hier en fin d'après-midi, au moment d'écrire ces lignes.

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L'organisme utilise des affiches électorales pour condamner le 23 rue Morin


Logemen'occupe a placardé l'édifice du 23 Morin avec des pancartes électorales de Marc Bureau et Luc Angers.

photo: Michel Lafleur, LeDroit

 

Louis-Denis Ebacher
Le Droit

L'organisme de défense des mal logés, Logemen'occupe, a lui-même condamné un logement de la rue Morin, dans le Vieux-Hull à Gatineau, un taudis que son coordonnateur aimerait voir détruit que de le tolérer dans son état de délabrement actuel.

« La Ville a l'autorité de l'évacuer, mais elle ne l'a pas fait », dénonce le coordonnateur, François Roy.
La façade du 23, rue Morin, est a été placardée de pancartes électorales du maire sortant, Marc Bureau, et du conseiller municipal responsable des dossiers liés à l'habitation, Luc Angers.

M. Roy s'est défendu, souriant, d'avoir lui-même récupéré les pancartes ailleurs dans la ville pour les brocher au mur de l'édifice, jugé insalubre. «On ne les a pas décrochées. Il ventait fort, a dit François Roy. De toute façon, on leur fait de la bonne publicité !»

Le 23, Morin, tout comme les bâtiments des adresses civiques 25 et 27, doit être détruit pour faire place à du logement social, plaide M. Roy. Son organisme a pu trouver une place temporaire à la famille évacuée, neuf réfugiés originaires de la Côte d'Ivoire, jusqu'à son déménagement dans une habitation à loyer modique, en novembre prochain.

L'insalubrité n'est pas la faute des anciens résidants, «des gens consciencieux et très propres, qui, comme beaucoup de gens, ne peuvent trouver de logement assez grand et abordable.»

Appelé à réagir, le maire Bureau, a assuré que le dossier des taudis de la rue Morin progressait. « On vient de terminer la liste des déficiences », dit-il, rappelant que les avocats de la Ville rencontreront bientôt ceux du propriétaire. « Dans ce cas précis, précise-t-il, la responsabilité ne revient pas seulement au propriétaire. L'occupant a une bonne part de responsabilité là-dedans. »

L'organisme dénonce depuis des années le propriétaire de ces logements, Paul Tovan, qui ne fournirait pas le strict minimum prévu par la Régie du logement. « On trouve des coquerelles et des rats, la structure est en train de s'effondrer, les problèmes électriques peuvent causer un incendie à tout moment, des infiltrations d'eau et une isolation déficiente qui fait monter les coûts de chauffage à 2 000 $ par année. »

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