«le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire

 

— Albert Einstein

 

Publié le 28 Mai 2013
Julien Paquette


La question du logement accessible à Gatineau a refait surface récemment avec le cas de la rue Morin.

La Ville de Gatineau vit une «crise du logement» selon plusieurs intervenants du milieu. Or, le ministère des Affaires municipales du Québec ne voit pas les choses du même oeil.

Le 3 mai dernier, la conseillère du district de Bellevue, Sylvie Goneau, a rencontré des membres du cabinet du ministre Sylvain Gaudreault, afin d’obtenir les prévisions du gouvernement en matière de logement social et abordable.

L’élue gatinoise et présidente de la Commission permanente sur l’habitation est ressortie déçue de cette rencontre. Mme Goneau affirme qu’elle n’a pu obtenir la garantie que des investissements importants seront faits en Outaouais pour augmenter le nombre de loyers à prix modique.

Les représentants du ministre Gaudreault auraient indiqué à Sylvie Goneau ne pas vouloir «loger des Ontariens». Selon la conseillère municipale il s’agissait d’une réponse «arrogante». Elle estime que son interlocuteur tentait par tous les moyens d’expliquer pourquoi Québec ne répondra pas aux demandes de Gatineau en matière de logement.

Les critères d’admissibilité de l’État pour l’obtention d’un logement abordable sont pourtant clairs: «pendant au moins 12 mois au cours des 24 mois précédant sa demande ou sa réinscription, il a résidé au Québec ou, si le règlement du locateur le prévoit, dans le territoire de sélection du locateur», stipule la Loi sur la Société d'habitation du Québec.

Sylvie Goneau assure que la liste d’attente gérée par l’Office municipal de l’habitation de Gatineau (OMHG) est valide et respecte les normes établies. «On est une des trois régions du Québec qui reçoit le plus de nouveaux arrivants à cause de la proximité avec Ottawa.»

Retards dans la livraison

Au début du mandat actuel du conseil municipal de Gatineau, il était prévu que Québec offrirait 175 logements à prix modiques supplémentaires tous les ans jusqu’à la prochaine élection. Après quatre ans, Gatineau devait avoir gagné 700 unités.

Toutefois, une réduction dans l’attribution de logement a été observée dans les deux dernières années. Il manque environ 150 loyers à bas prix pour remplir les promesses de 2009.

Une porte-parole du ministère des Affaires municipales nous a confirmé qu’une annonce serait faite prochainement concernant l’attribution de nouveaux logements sociaux à Gatineau. Lundi matin, 1150 unités ont été officiellement attribuées à la Ville de Montréal.

Malgré la mauvaise impression à la sortie de la rencontre du 3 mai, Sylvie Goneau espère que Gatineau et l’Outaouais seront considérés dans la planification du ministère. «On vit vraiment une crise du logement, François Roy a raison là-dessus. On pense que les gens de la région sont choyés et ont de bons revenus, mais nos besoins sont aussi grands qu’ailleurs.»

Selon la présidente de la Commission permanente sur l’habitation, le marché immobilier est gonflé en raison de la proximité avec Ottawa. Lorsqu’une famille n’arrive pas à obtenir un loyer modique, elle se retrouve rapidement dans un logement trop cher pour leurs moyens, ou dans un taudis en piteux état.

Nombre d’entre eux observeront attentivement la prochaine annonce du gouvernement québécois.

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