«le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire

 

— Albert Einstein

 

 

La période des déménagements du 1er juillet n’est plus aussi problématique dans la région depuis quelques années. La crise du logement qui sévissait au début des années 2000 a changé de visage. Il est plutôt question d’une crise en lien avec l’accessibilité au logement.

C’est de plus en plus difficile pour les familles à revenu modeste de trouver un loyer.

 

La problématique des ménages n’ayant pas de toit se fait sentir à longueur d’année selon le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy. «On ne vit pas une vague immense. Le phénomène est moins concentré autour du 1er juillet. On vit cette situation 365 jours par année maintenant», explique-t-il.

L’accessibilité financière au logement est de plus en plus problématique. M. Roy déplore que plus de 6000 ménages en Outaouais consacrent la moitié de leur revenu dans le paiement de leur loyer. Il est conseillé d’y consacrer 30%.

«On doit se rendre à l’évidence. Si tu gagnes 1200$ par mois, ça ne te fait pas beaucoup d’argent pour ton loyer. Les appartements à 300 ou 400$ sont rares.»

Logemen’occupe répond à une soixantaine de demandes d’aide par mois. Au lendemain du 1er juillet, une quinzaine de cas ont été répertoriés par l’organisme. Un chiffre conservateur aux dires de François Roy puisque plusieurs ménages ne font pas appels aux organismes communautaires.

Pénurie de logements abordables

Les logements abordables sont en pénurie selon les chiffres de l’Office municipal d’habitation (OMH) de Gatineau. Près de 1000 noms se retrouvent sur la liste d’attente annuellement.

«L’accessibilité au logement c’est le nerf de la guerre, constate Mario Courchesne, directeur général de l’OMH de Gatineau. On ne vit pas une crise, mais nous sommes dans une situation de pénurie de logements abordables.»

Le parc locatif compte près de 5500 logements abordables à Gatineau. Les organismes communautaires souhaitent qu’il y ait de nouvelles mises en chantier afin de remédier à la crise.

De son côté, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) demande au gouvernement de donner suite aux recommandations de la Commission populaire itinérante sur le droit au logement. Dans le rapport, on insiste sur la recommandation d’accroître de manière urgente la construction de logements sociaux, présentement limitée à 3000 par année.

Les loyers plus nombreux

Selon le dernier rapport publié par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le taux d’inoccupation a doublé au cours de la dernière année pour passer de 2,1% à 4% entre avril 2012 et avril 2013. Malgré tout, les loyers disponibles ne répondent pas à la demande.

«C’est souvent mission impossible pour les gens travaillant au salaire minimum ou qui sont sur l’aide sociale. C’est de plus en plus difficile pour les familles à revenu modeste de trouver un loyer. Les logements disponibles ne sont pas abordables pour eux», affirme M. Roy.

Francis Cortellino, analyste principal de marché pour la région de Gatineau à la SCHL, souligne que cette hausse du taux d’inoccupation peut aussi avoir des effets positifs. «Les impacts sur le marché locatif seront à l’avantage des locataires. On pourra remarquer une augmentation plus modérée des loyers», souligne-t-il.

<lire l'article original sur JournalLaRevue.ca>

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