«le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire

 

— Albert Einstein

 

 

104,7 fm Outaouais

Émission: Solide comme le Roch

Un juge a déclaré que le coordonnateur de Logemen'Occupe aurait organisé une "machination" pour piéger le propriétaire de taudis Paul Tovan.

François Roy est le coordonnateur de Logemen'Occupe

 

ECOUTER l'entrevue avec François Roy


(entrevue complete - 8 min 08 sec)

 

 

 

- - - TRANSCRIPTION DE L'ENTREVUE - - -

 

[ROCH CHOLETTE]

ooohhh qu’on le connaît, Paul Tovan là, c'est un propriétaire de logements pis tout le monde reconnaît que c'est pas mal des logements insalubres, mais là il a fait face à la justice pour des accusations de voie-de-faits porté sur quelqu'un que vous connaissez bien, le coordonnateur de Logemen'Occupe François Roy.
 
Mais hier, à la surprise je pense d'un peu tout le monde le juge reconnaît, bon ça c'est correct là M. Roy s'est fait pousser par Paul Tovan, et M. Tovan est reconnu coupable de voie-de-faits, un jugement suspendu, mais le juge poursuit et est en train de dire notamment à l'endroit de François Roy que M. Tovan a été victime de "machination", que c'est un "coup monté", et que dans le fond c'était tout arrangé avec le "gars des vue".
 
Pour en parler, je vais aller rejoindre François Roy. Bonjour M. Roy. Bonjour M. Roy

[FRANCOIS ROY]

Oui bonjours

[ROCH CHOLETTE]

Vous avez monté quelque chose de toute pièce pour provoquer M. Paul Tovan?

[FRANCOIS ROY]

Ben oui, c'est un "complot international contre monsieur Tovan"...
 
On trouve désolant que le juge ait évalué ou orienté son jugement sur cette piste là, alors que j'ai pris la peine de lui expliquer que on faisaient face régulièrement à des familles, à des personnes, à des ménages qui malgré le fait qu'on leurs disent que... ils s'orientent sur des logements impropres à l'habitation quand c'est des ménages qui ont le choix entre la rue ou un logement insalubre, malheureusement c'est le seul choix qu'ils leurs restent malgré les avertissements qu'on leurs faits et c'est les décisions qu'ils prennent, en l’occurrence, la majorité des locataires auprès desquels on est intervenu sur la rue Morin, c'est beaucoup de locataires qu'on avait rencontré dans le passé, mais encore une fois, entre "ça" et "la rue" c'est le chois que ces gens là font.

[ROCH CHOLETTE]

Mais là, est-ce que c'est vraiment ça l’enjeu ? parce que ce qui ressort, autant vous trouvez les logements insalubres chez Logemen'Occupe vous mettez le compte d'Hydro de ce logement là à votre nom pis c'est vous qui payé le loyer ?

[FRANCOIS ROY]

Oui, parce que quand la locataire s'est rendu compte dans quel "bourbier" elle s'était installé, dans quel logement elle s'était installé, parce que quand elle a loué le logement c'était le soir, elle a pas pu faire une évaluation complète, pis c'est le lendemain qu'elle s'est rendu compte dans quoi elle s'enlignait qu'elle est venu nous voir pour nous dire que cela n'avait pas de bon sens, et c'est là qu'on a pris une entente avec elle en lui disant qu'on allais l'accompagner pour la loger de façon plus convenable, et parce que l'on était tanné et écœuré de voir des familles, de faire des interventions, parce que l'on a sortie beaucoup de familles parce que c'était un phénomène de "portes tournantes" 

[ROCH CHOLETTE]

Ok mais je veux comprendre là... La madame là, il y a personne qui l'a forcé à signer ce bail là ?

[FRANCOIS ROY]

Ben c'est ça que je vous explique. Il y a personne qui force des mal-logé à aller vivre dans des taudis... Ils ont pas le choix !   Ils ont pas le choix !

[ROCH CHOLETTE]

Ok, la 2e choses... moi je connais pas ça comme vous là. Quand on signe un bail, y a t'il une certaine période où est-ce qu'on peu l'annuler? ...après 3 jours, 24 heures, 36 heures... ?

[FRANCOIS ROY]

Non, malheureusement c'est un contrat... à moins que le propriétaire veuille... accepte de résilier le bail, c'est un contrat en bon et du forme et si c'est un bail d'un ans, le locataire est lié par son bail à moins encore une fois que le propriétaire veuille résilier le bail.

[ROCH CHOLETTE]

Ça fait qu'il y a pas de période comme de premiers 24 heures que vous pouvez changer d'idée...

[FRANCOIS ROY]

Non ça, ça existe pas au niveau légal et ce que l'on a fait au niveau légal parce que nous on était tanné de voir ce cercle là, on a pris une entente avec la locataire parce que sont loyer avait été payé, il y avait un contrat et elle nous a donné l’autorisation d'occuper le logement et c'est là que l'on a entamé l'action pour demander aux autorités municipales de condamner ces immeubles là

[ROCH CHOLETTE]

Fait que là, c'est Logemen'Occupe qui devenait locataire...

[FRANCOIS ROY]

Ben c'est à dire qu'avec l'entente que l'on a avec les locataires, on lui a remboursé son logement et on la inscrit l'hydro à Logemen'Occupe parce que l'on ne savais pas combien de temps allait durer l'occupation... on voulais pas que ce soit la locataire qui ait à assumer ça

[ROCH CHOLETTE]

Je comprend, mais là, ma question est asse simple là. Elle vous a sous-loué le logement dans le fond... ?

[FRANCOIS ROY]

Bien, elle nous a pas sous-loué... elle nous a donné l’autorisation d'occuper le logement

[ROCH CHOLETTE]

...pis elle elle était pas là...

[FRANCOIS ROY]

Elle était pas là.

[ROCH CHOLETTE]

Logemen'Occupe payait le loyer, mais c'est elle qui était au bail, c'est ça, c'était toujours son nom qui était au bail, mais vous avez mis l'hydro à votre nom...

[FRANCOIS ROY]

Oui !

[ROCH CHOLETTE]

Quand vous payez 850$ plus l'hydro.. 850$ de loyer ça, c'est-tu avec de l'argent public ça? 

[FRANCOIS ROY]

l'argent public c'est... la mission de Logemen'Occupe c'est

[ROCH CHOLETTE]

Non non, faite juste répondre à ma question

[FRANCOIS ROY]

C'est de l'argent public, c'est de l'argent aussi.. nous on est financé par le public et par le privé également, par des communautés religieuses qui soutiennent les actions qu'on fait, et tout le monde ont reconnu l'importance de l'action que l'on a fait auprès de...

[ROCH CHOLETTE]

...mais le juge a reconnu que vous avez fait une "machination", c'est quand même pas rien ?

[FRANCOIS ROY]

humm ... "c'est pas rien"...  

M. Tovan, c'est pas une "machination" d'exploiter les locataires comme ils le fait ?  ...la violence qu'il utilise auprès des locataires constamment?

Nous on a occupé de façon tout à fait légale, un logement qui avait été loué par une locataire, pour forcer les autorités publiques à condamner ces immeubles là, arrêter les activités de ce "bandit-à-cravatte" là M. Tovan qui exploite la misère humaine pis qui rend les gens malade dans ses logements infectes et remplis de moisissure et rats, de vermines.

[ROCH CHOLETTE]

Ok, mais la dernière chose, et je vais arrêté là dessus, c'est parce que ce que semble dire le juge, c'est qu'il y a eu connivence, c'est le mot qu'il utilise, entre vous et la locataire, mais que vous avez décidé de cacher ce fait là à M. Tovan.

[FRANCOIS ROY]

Ça, c'est son point de vue, lui il est pris dans un "univers feutré", il n'a aucune conscience, les gens de ces classes sociales là ne savent pas dans quelles situations vivent les personnes, les ménages démunis, c'est facile d'invoquer une machination, mais on lui a dit, oui, après que la locataire nous a dit qu'elle nous donnait l’autorisation.

C'est sûr que c'est organisé cette activité là mais avec l’autorisation de la locataire, parce que les autorités publiques assument pas leurs responsabilités, parce que la ville de Gatineau n'applique pas son règlement sur la salubrité, parce que le gouvernement du Québec ne veux pas agir dans les situations d'insalubrité, bien c'est des organismes comme Logemen'Occupe qui doivent prendre "les moyens du bord" pour forcer les autorités à agir...

[ROCH CHOLETTE]

Pis le juge lui, à cause de ses "conditions feutrés" il est pas capable de reconnaître la misère humaine... c'est ça que vous me dite?

[FRANCOIS ROY]

Bien ce qu'il dit c'est qu'il y a eu une machination pour... dans le fond, l'exemple que je pourrais vous donner, c'est un peu comme se retrouvent souvent des femmes victimes de violence, on les accusent quasiment d'avoir...euu.. .

[ROCH CHOLETTE]

..."courus après"  !

[FRANCOIS ROY]

..."courus après" la violence faite par les hommes envers les femmes. Bien c'est un peu ça ce que nous accuse le juge Côté dans cette cause là, c'est comme si nous avions "courus après" l'agressivité de M. Tovan ...  
 
Je pense que c'est "voir les choses à l'envers" un peu comme les situations des femmes victimes de violence ce serait une "machination", les femmes feraient exprès pour pour se faire battre.
 
Nous on a fait ce que l'on avait à faire à Logemen'Occupe, notre mission c'est de défendre les mal-logés, et on a pris les moyens pour sensibiliser les autorités publiques, puis les amener  à agir dans des situations de même.
 
C'est une action tout à fait légale, pacifique

[ROCH CHOLETTE]

légale et morale  !

[FRANCOIS ROY]

à notre avis ?  Morale ! ...parce qu'on ne peu pas tolérer dans une société aussi évolué, qui se dit aussi évolué comme la notre, puis riche comme la notre, que des gens vivent dans des conditions d'insalubrité comme celle là.

[ROCH CHOLETTE]

Excellent

[FRANCOIS ROY]

M. Tovan, à notre point de vu c'est un "bandit-à-cravatte" qui exploite et qui agit de façon criminelle envers les gens qui sont démunis.

[ROCH CHOLETTE]

Merci beaucoup M. Roy de ces précisions

[FRANCOIS ROY]

C'est bien, merci.

[ROCH CHOLETTE]

Alors François Roy, le coordonnateur de Logemen'Occupe

 

- - - FIN DE TRANSCRIPTION - - -

 

 

<consulter l'entrevue dans son contexte originale sur 104.7fm.ca>

 

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