«le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire

 

— Albert Einstein

 

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LeDroit

Logement insalubre sur la rue De Lausanne


François Roy de Logemen'occupe dénonce l'inaction de la Ville de Gatineau dans le dossier d'un logement avec des problèmes de moisissures qui a forcé Côme Nteturuye, Imede Niyibiz et leur quatre enfants à quitter leur appartement du 75, rue De Lausanne.

ÉTIENNE RANGER, LEDROIT

Louis Lafortune
Le Droit

Deux organismes communautaires dénoncent l'inaction de la Ville de Gatineau dans le dossier d'un logement avec des problèmes de moisissures qui a forcé une famille de réfugiés du Burundi à quitter leur appartement du 75, rue De Lausanne.

Le couple Côme Nteturuye, Imede Niyibiz et leurs quatre enfants ont finalement quitté leur logement en demi sous-sol, le 22 janvier dernier, pour déménager dans un appartement de dépannage de l'organisme Mon Chez Nous.

« Malgré les multiples demandes, la Ville n'a pas inspecté le logement. Pire, il semble y avoir un discours où l'on culpabilise les locataires. Pourtant, on connaît bien les risques associés aux moisissures et leurs conséquences sur la santé », a dit François Roy, coordonnateur de Logemen'occupe, lors d'un point de presse, hier.

Conjointement avec Les Oeuvres Isidore Ostiguy, Logemen'occupe a fait faire une inspection des lieux par Pierre Vachon, un inspecteur en bâtiment avec l'entreprise Service d'inspection immobilière de Gatineau Inc.

Selon ce rapport, il y avait un taux d'humidité de 51,2 % avec une température de 18 degrés Celsius. « Ceci est moyen comme taux d'humidité et de température », écrit-il.

Pour François Roy et Louise Guindon, directrice des Oeuvres Isidore Ostiguy, c'est la preuve que les moisissures ne sont pas causées par les locataires, tel que le maintient le gestionnaire des appartements, qui blâmait entre autres le séchage des vêtements à l'air libre et le fait de surchauffer de l'appartement.

Une conseillère surprise

La conseillère Sylvie Goneau, présidente de la Commission permanente sur l'habitation de Gatineau, a semblé surprise par la sortie des deux organismes, hier. La Ville, dit-elle, était pourtant en contact avec la famille, car une première plainte a été signalée le 30 novembre. Mais les procédures habituelles n'ont pas été suivies par la suite.

La Ville doit tout d'abord attendre qu'un locataire et un propriétaire tentent de s'entendre avant d'intervenir, a expliqué Mme Goneau.

« Dans des cas de logements insalubres, le locataire doit premièrement envoyer une lettre au propriétaire. Le locataire peut ensuite se tourner vers la Ville si le propriétaire refuse de corriger la situation. Ce qui n'a pas été fait dans ce cas-ci. »

Mme Goneau se demande pourquoi la famille a déjà quitté lorsque les procédures n'ont pas été enclenchées.

Elle reconnaît par ailleurs que la Ville manque actuellement d'inspecteurs pour assurer le respect de son nouveau règlement sur la salubrité.

Propriétaire silencieux

La famille Nteturuye-Niyibiz a pu quitter son logement le 22 janvier dernier, en invoquant l'article 1915 du Code civil du Québec qui permet de quitter pour cause d'insalubrité.

Le propriétaire ou gestionnaire a ensuite une dizaine de jours pour contester ce bris de bail, ce qui n'a pas encore été fait.

Le gestionnaire du 75, rue De Lausanne est Immomarketing Inc. de Saint-Lambert.

Un représentant de l'entreprise à Gatineau n'avait pas donné suite aux appels du Droit, hier en fin d'après-midi, au moment d'écrire ces lignes.

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L'organisme utilise des affiches électorales pour condamner le 23 rue Morin


Logemen'occupe a placardé l'édifice du 23 Morin avec des pancartes électorales de Marc Bureau et Luc Angers.

photo: Michel Lafleur, LeDroit

 

Louis-Denis Ebacher
Le Droit

L'organisme de défense des mal logés, Logemen'occupe, a lui-même condamné un logement de la rue Morin, dans le Vieux-Hull à Gatineau, un taudis que son coordonnateur aimerait voir détruit que de le tolérer dans son état de délabrement actuel.

« La Ville a l'autorité de l'évacuer, mais elle ne l'a pas fait », dénonce le coordonnateur, François Roy.
La façade du 23, rue Morin, est a été placardée de pancartes électorales du maire sortant, Marc Bureau, et du conseiller municipal responsable des dossiers liés à l'habitation, Luc Angers.

M. Roy s'est défendu, souriant, d'avoir lui-même récupéré les pancartes ailleurs dans la ville pour les brocher au mur de l'édifice, jugé insalubre. «On ne les a pas décrochées. Il ventait fort, a dit François Roy. De toute façon, on leur fait de la bonne publicité !»

Le 23, Morin, tout comme les bâtiments des adresses civiques 25 et 27, doit être détruit pour faire place à du logement social, plaide M. Roy. Son organisme a pu trouver une place temporaire à la famille évacuée, neuf réfugiés originaires de la Côte d'Ivoire, jusqu'à son déménagement dans une habitation à loyer modique, en novembre prochain.

L'insalubrité n'est pas la faute des anciens résidants, «des gens consciencieux et très propres, qui, comme beaucoup de gens, ne peuvent trouver de logement assez grand et abordable.»

Appelé à réagir, le maire Bureau, a assuré que le dossier des taudis de la rue Morin progressait. « On vient de terminer la liste des déficiences », dit-il, rappelant que les avocats de la Ville rencontreront bientôt ceux du propriétaire. « Dans ce cas précis, précise-t-il, la responsabilité ne revient pas seulement au propriétaire. L'occupant a une bonne part de responsabilité là-dedans. »

L'organisme dénonce depuis des années le propriétaire de ces logements, Paul Tovan, qui ne fournirait pas le strict minimum prévu par la Régie du logement. « On trouve des coquerelles et des rats, la structure est en train de s'effondrer, les problèmes électriques peuvent causer un incendie à tout moment, des infiltrations d'eau et une isolation déficiente qui fait monter les coûts de chauffage à 2 000 $ par année. »

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Moisissure, vermine et coquerelles faisaient partie de son quotidien


Roland Lebrun a vécu un an et demi dans l'un des appartements visés sur la rue Morin.

Photo: Étienne Ranger, LeDroit

 

Catherine Lamontagne
Le Droit

 

Après avoir vécu un an et demi dans un taudis de la rue Morin du secteur Hull, un ancien locataire a porté plainte auprès de la Ville de Gatineau pour exiger la démolition des lieux.

Roland Lebrun a vécu l'horreur dans un des logements de la rue Morin. Avec ses quatre enfants, il a vécu à travers la moisissure, la vermine et les coquerelles, sans compter les températures glaciales durant l'hiver. « J'ai encore des factures de gaz et d'électricité à payer. Les locataires se retrouvent avec des factures de 2000 $ et 3000 $ pour un hiver. C'est impossible à payer », indique M. Lebrun.

Après un an et demi, Roland Lebrun et sa famille ont réussi à s'acheter une maison et à quitter leur appartement de la rue Morin. Tous n'ont toutefois pas eu cette chance. L'un des locataires actuels des lieux habite un appartement de trois chambres avec huit autres personnes. En plus de l'eau qui s'infiltre dans l'une des chambres et de la moisissure présente dans plusieurs pièces de l'appartement, plusieurs rats entrent dans la maison par un trou situé dans le plancher de la cuisine.

« Je me suis fait mordre par un rat durant la nuit et parfois ils (les rats) sont toute une famille sous le lave-vaisselle », raconte ce locataire qui préfère garder l'anonymat.

À l'instar des autres locataires de la rue Morin, cet homme paie un loyer mensuel de 800 $ en plus des factures pour tous les autres services. Les locataires ont demandé à de nombreuses reprises au propriétaire d'effectuer des réparations pour rendre les lieux plus sécuritaires, sans succès.

« Les gens sont dans la rue. Ils n'ont pas le choix d'habiter dans ses appartements là même si le prix est cher. En plus, aussitôt que tu as plus de trois enfants, les propriétaires refusent de louer leur logement », déplore M. Lebrun.

Le propriétaire des trois immeubles à logements de la rue Morin, Paul Tovan, possède plusieurs logements dans le centre-ville de Hull. Aux dires de Logemen'occupe, l'état de ces autres logements laisse aussi à désirer.

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Le Droit

Des locataires de la rue Morin seraient à risque en raison de l'état de leur logement

 

Étienne Ranger, LeDroit

Catherine Lamontagne
Le Droit

Un propriétaire de taudis situés dans le secteur Hull, à Gatineau, pourrait se voir obliger de détruire ses immeubles à logement par les autorités municipales.

À la suite d'une plainte reçue par un ancien locataire d'un appartement de la rue Morin, la Ville de Gatineau étudie la possibilité de faire détruire les immeubles appartenant à Paul Tovan, un propriétaire ayant plusieurs démêlés avec les autorités municipales au sujet de l'état de ses logements.

« J'ai été mis au courant de la situation vendredi et j'attends des nouvelles des inspecteurs de la Ville d'ici demain (aujourd'hui). Je suis en faveur d'une démolition complète à condition de pouvoir relocaliser les familles qui se trouvent dans ces logements. Nous avons l'autorité nécessaire pour demander une telle démolition », a indiqué le conseiller municipal du district des Promenades et président de la Commission permanente sur l'habitation, Luc Angers.

« Je me suis fait mordre par un rat durant la nuit et parfois ils sont toute une famille sous le lave-vaisselle. » - Roland Lebrun

L'insalubrité des logements de la rue Morin est une source d'inquiétude pour les locataires depuis plusieurs années. En 2004, 10 d'entre eux s'étaient retrouvés sans eau ni chauffage à la veille de Noël.

« En 2004, le maire Marc Bureau, qui était alors conseiller municipal, avait pris tous les engagements pour que les travaux soient faits sur la rue Morin. Quatre ans plus tard, la situation est catastrophique et on se retrouve avec des installations déficientes. J'invite M. Bureau à venir voir ces appartements et à constater l'état des lieux. On pourrait croire qu'on est au tiers-monde », affirme François Roy, coordonnateur de Logemen'occupe.

Locataires à risque

La liste des travaux à effectuer dans les logements de la rue Morin, dont le loyer mensuel varie entre 750 $ et 800 $, est longue aux dires de Pierre Vachon, un inspecteur immobilier de Gatineau. Les appartements sont mal isolés, les systèmes d'électricité et de plomberie ne sont pas sécuritaires et l'eau s'introduit à plusieurs endroits dans les appartements.

« Les locataires de ces appartements sont à risque à plusieurs niveaux. Il faudrait énormément d'investissement pour faire toutes les rénovations nécessaires et il faut se poser la question à savoir si de telles rénovations valent vraiment la peine ou s'il vaut mieux détruire. On voit des choses dans ces appartements qu'on ne veut pas avoir », a indiqué M. Vachon, lors d'une visite de l'un des appartements avec LeDroit.

Dr. Gilles Aubé, candidat du PQ lors des élections de 2012

 

 

De la vermine, de la moisissure et des insectes ont aussi été observés par l'inspecteur durant sa visite. Certaines familles doivent également cohabiter avec des rats et des pigeons dont les excréments se retrouvent sous la corniche. « Ces locataires vivent dans des conditions favorables pour souffrir de maladies respiratoires, de maladies de la peau, attraper différents types de grippe durant l'hiver et même la grippe H1N1. Il s'agit d'une situation absolument inacceptable », soutient le médecin Gilles Aubé, qui était aussi sur les lieux lors de la visite d'un appartement.

Bandits à cravate

Selon M. Roy, 10 % des logements situés sur le territoire de Gatineau nécessitent des réparations majeures. « On parle beaucoup des bandits à cravate de la finance, mais il y a aussi des bandits à cravate dans le secteur du logement et M. Tovan est l'un de ceux qui se spécialisent dans la location de taudis », estime François Roy.

Au moment de mettre sous presse, hier, il avait été impossible de s'entretenir le maire de Gatineau, Marc Bureau.

Un propriétaire de taudis particulièrement récalcitrant

ARCHIVE, LEDROIT


Patrick Duquette
Le Droit

 

La Ville de Gatineau envisage une série de recours pour mater un propriétaire de taudis particulièrement récalcitrant. Paul Tovan est propriétaire de plusieurs logements à Gatineau, dont des logements infestés par la vermine, les moisissures et les insectes sur la rue Morin.

Depuis 2004, Paul Tovan a été la cible de 55 constats pour des infractions au règlement d'urbanisme et de sécurité incendie, dont 35 ayant mené à une déclaration de culpabilité.

Même s'il a dû payer des amendes totalisant 10 000 $ jusqu'ici, M. Tovan semble continuer à négliger l'entretien de ses logements. Il doit comparaître à la fin septembre pour 18 infractions remontant à l'hiver dernier et concernant le chauffage déficient de certains édifices.

« Il nous rit en pleine face »

Le comble, pour la Ville, c'est que malgré les nombreuses infractions commises, M. Tovan a obtenu une subvention du programme Rénovation Québec.

« Il nous rit en pleine face », a laissé tomber hier Denise Laferrière, présidente du comité consultatif d'urbanisme.

Le maire Marc Bureau a lancé un message clair à ses fonctionnaires, en plaidant pour des mesures plus sévères contre les propriétaires délinquants.

« C'est très difficile pour les familles prises dans ces logements. [...] Il faut aller beaucoup plus loin que présentement, il faut trouver le moyen d'être plus sévère. »

Hier soir, le conseil municipal a renforcé son règlement sur la salubrité des habitations et des logements adopté en 2006.

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