«le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire

 

— Albert Einstein

 

MÉDIAS traditionnels LaRevue (Info07) Radio-Canada.ca TVA Gatineau/Ottawa Urgence 07

 

Les saisons se suivent et ne changent rien dans les dénonciations des organismes œuvrant auprès des personnes fragilisées de l'Outaouais.

 

François Roy de Logemen'occupe a présenté mercredi matin, avec l'organisatrice du Front populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) Marie-José Corriveau, les grandes lignes du rapport de la Commission populaire itinérante.

La commission s'est promenée aux quatre coins du Québec, de Kujuuak à Gatineau, pour donner une vue d'ensemble de la situation du logement social. Le titre du rapport résume bien le portrait: Urgence en la demeure.

Les commissaires indépendants ont noté ceci à propos de l'Outaouais: coût élevé, incapacité de payer d'une proportion importante de locataires (24%), mauvais qualité des logements, discrimination exercée lors de la recherche d'un logement et manque de logements adaptés pour les personnes handicapées.

«Le logement est encore perçu comme une façon de faire du profit et non considéré comme un droit», dénonce Marie-José Corriveau.

C'est pourquoi la commission recommande notamment que le salaire minimum soit rehaussé et que l'État se dote d'une politique globale d'habitation.

Comment créer plus de logements sociaux

Avec les gouvernements Harper et Marois qui sabrent dans les programmes sociaux, sur qui les organismes peuvent-ils compter pour que les logements sociaux poussent enfin à un niveau convenable?

Selon Marie-José Corriveau du FRAPRU, on ne peut penser que les propriétaires baisseront le prix des logements. Il serait préférable de hausser le salaire minimum. «L'État n'intervient pas de façon efficace en matière de fixation des loyers, alors ce qui pourrait être fait est la fixation des loyers par la Régie du logement. Présentement, seulement 0.5% des loyers le sont. Mais le reste le sont dans un rapport supposément équilibré entre les locataires et les propriétaires. Mais quand on est dans une situation de précarité financière, de vulnérabilité ou en pénurie de logements, le rapport de force n'est jamais en faveur des locataires. Alors je doute qu'on puisse obtenir un recul de la part des propriétaires.»

Mme Corriveau pense que la capacité de payer et le pouvoir d'achat des personnes vulnérables pourraient s'accroître en élevant le salaire minimum.

Mais comme le fait remarquer François Roy de Logemen'occupe, les promoteurs privés délaissent les logements abordables car ils ne feraient pas assez de profits. Ils se dirigeraient davantage vers les condos.

«Donc augmenter le cadre réglementaire aurait un impact encore plus néfaste sur le nombre de logements. Alors pour nous, l'alternative passe par le logement social», dit-il.

«Et le logement social, ce n'est pas que les municipalités, précise Mme Corriveau. Elles ont un rôle à jouer, mais le principal contributeur est le gouvernement du Québec. Ça devrait aussi être le gouvernement du Canada, qui n'arrête pas de se retirer pour fournir des subventions.»

Marie-José Corriveau estime que les orientations du gouvernement Marois ressemblent à celles des libéraux de Jean Charest; on réduit les impôts pour ne pas facturer les entreprises des secteurs ressources, ce qui a reporté le poids de la dette sur les contribuables et les ménages à faible revenu.

«Y'a d'autres choix stratégiques qui pourraient être faits, lance-t-elle. Par exemple, si on diminuait le plafond des REER auxquels tu peux contribuer par année et qui sont déductibles d'impôts, on irait chercher énormément d'argent. Le plafond est autour de 22 000$ présentement, mais qui peut se payer ça à part les riches? On laisse aussi filer de l'argent dans les paradis fiscaux sans trop vouloir voir ce qui se passe là. Il y a des choix qui ne sont pas faits et c'est pourquoi l'État ne peut prendre ses responsabilités sociales», conclut-elle.

<lire l'article original sur JournalLaRevue.ca>

Charles Thériault
Le Droit

Logemen'Occupe réclame l'intervention de la Ville de Gatineau pour forcer la propriétaire d'un logement, jugé insalubre, à rénover son appartement et réclame un logement d'urgence pour la locataire et sa fille.

Le coordonnateur de Logemen'Occupe, François Roy, a dénoncé, hier, l'inaction de la ville, même si la locataire a porté plainte il y a un mois au sujet de l'état de son logement. La dame qui vit de l'aide sociale et qui a une fille de cinq ans habite dans ce logement de la rue Adélard depuis un an et demi.

«La ville s'est engagée à intervenir rapidement pour forcer les propriétaires de taudis à rénover leurs logements, mais rien n'a changé. La conseillère Sylvie Goneau (responsable du dossier de l'habitation) a déclaré à plusieurs reprises que la ville agirait rapidement, mais une fois la crise des logements de la rue Morin passée, le naturel est revenu au galop», de dire M. Roy.

Selon François Lévesque, un inspecteur en bâtiment mandaté par Logemen'Occupe, le logis est dans un piètre état et d'importants travaux sont nécessaires pour une occupation saine et sécuritaire de l'appartement. À son avis, la nature des travaux à faire nécessite la relocalisation des locataires.

La locataire dit avoir demandé à la propriétaire de faire les réparations, sans résultat. «Au début, je voyais bien que le logement n'était pas idéal, mais il est très difficile de trouver un logis lorsqu'on vit de l'aide sociale. Ça m'inquiète principalement en raison de l'état de la salle de bains, des moisissures et du fait que la porte d'entrée n'est pas sécuritaire.»

Hier, Sylvie Goneau a réagi prudemment en rappelant que les locataires peuvent aussi porter plainte auprès de la Régie du logement. Elle a promis de vérifier ce qui était advenu de la plainte de la locataire auprès de la Ville de Gatineau.

La propriétaire de l'édifice, Denise Lacasse, était surprise d'apprendre que le logement est dans un tel état.

<lire l'article original sur LeDroit.ca>

 

Une dizaine de personnes se retrouvent à la rue à la suite d'un incendie qui a lourdement endommagé plusieurs unités d'habitation de la rue Morin à Gatineau au cours de la nuit de vendredi à samedi.

Le feu s'est déclaré vers 1 h 45 et s'est rapidement propagé. À l'arrivée des services d'urgence, les logements avoisinants ont été évacués. 

L'incendie a jeté plusieurs familles à la rue Morin. L'incendie a jeté plusieurs familles à la rue.
 

Certains ont tout juste eu le temps de sortir, selon Robert Rochon, le gérant d'un bar voisin qui a aidé les gens à quitter les lieux.

Il s'agit d'un coup dur pour ces locataires qui viennent de perdre pratiquement tout ce qu'ils possédaient .

 

« On est des familles pauvres, puis on n'a plus rien. Je veux bien croire qu'il y a des organismes qui sont prêts à nous aider... Une chance, merci mon Dieu ! » — Jean Grenier, sinistré
 
Certains locataires ont tout perdu dans ce violent incendie. Certains locataires ont tout perdu dans ce violent incendie.
 

En tout, 35 pompiers et 11 camions ont été nécessaires lors de l'intervention. Les dommages sont estimés à environ 300 000 $. Une enquête est en cours pour déterminer la cause de l'incendie.

Plusieurs locataires et voisins soupçonnent que l'incendie a été allumé délibérément. Les logements ont souvent fait la manchette au fil des ans, en raison de leur insalubrité. Leur propriétaire a déjà un lourd dossier à la Ville.

Les logements allaient être démolis éventuellement pour que la Ville puisse effectuer des travaux dans les égouts. « On était en train de négocier des ententes, » explique la conseillère municipale du secteur, Denise Laferrière.

Logements insalubres

En juillet, le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy, avait effectué une sortie publique affirmant que des analyses de laboratoire confirmaient la présence de champignons toxiques dans un immeuble à logements de la rue Morin.

Le feu s'est rapidement propagé. Le feu s'est rapidement propagé.
 

Selon M. Roy, les résultats d'analyses montraient que des problèmes perdurent depuis plusieurs années dans ces logements.

 

Ce printemps, François Roy, avait entamé une grève de la faim de 17 jours afin d'obtenir une rencontre avec le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, pour discuter du problème de logements insalubres et de la crise du logement abordable à Gatineau.

Il souhaitait rencontrer le ministre Gaudreault dans un des immeubles de la rue Morin, mais le ministre l'a plutôt reçu à son bureau à Québec.

 

<lire l'article original sur Radio-Canada.ca>

Radio-Canada.ca

Quarante-deux ménages gatinois, dont 18 avec des enfants, sont toujours à la recherche de logements quelques jours après les déménagements du 1er juillet, selon les données des Œuvres Isidore-Ostiguy.

L'organisme Logemen'occupe précise que ces données ne tiennent pas compte de tous les ménages à la recherche de logements, mais seulement de ceux qui se sont déclarés.

« C'est un chiffre conservateur, puisque ce ne sont pas tous les ménages qui se manifestent. Avec l'expérience des dernières années, plusieurs vont le faire plus tard au mois d'août pendant la période d'inscription des enfants à l'école. »

— François Roy, coordonnateur de Logemen'occupe

Même si des logements sont disponibles dans la ville, les ménages à faible revenu peinent à se trouver des appartements abordables, selon François Roy, coordonnateur de Logemen'occupe. M. Roy précise que la liste d'attente pour obtenir un logement à prix modique à l'Office municipal d'habitation est très longue et peut aller jusqu'à quelques années.

Logemen'occupe interpelle donc le ministre québécois responsable de l'habitation, Sylvain Gaudreault, pour qu'il réactive le programme de supplément au loyer d'urgence et qu'il en assouplisse les règles afin que de davantage de ménages puissent en disposer.

Actuellement, certains ménages sans logis de Gatineau sont hébergés dans des logements de dépannage de Logemen'occupe et des Œuvres Isidore-Ostiguy. D'autres sont hébergés par des amis ou de la famille. Au moins cinq ménages se retrouvent carrément à la rue, selon l'organisme communautaire.

Par ailleurs, M. Roy dit être toujours en attente d'une réponse du bureau du ministre concernant la mise sur pied d'un forum sur la crise du logement en Outaouais, à la suite de leur rencontre de juin.

<lire l'article original sur Radio-Canada.ca>

 

La période des déménagements du 1er juillet n’est plus aussi problématique dans la région depuis quelques années. La crise du logement qui sévissait au début des années 2000 a changé de visage. Il est plutôt question d’une crise en lien avec l’accessibilité au logement.

C’est de plus en plus difficile pour les familles à revenu modeste de trouver un loyer.

 

La problématique des ménages n’ayant pas de toit se fait sentir à longueur d’année selon le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy. «On ne vit pas une vague immense. Le phénomène est moins concentré autour du 1er juillet. On vit cette situation 365 jours par année maintenant», explique-t-il.

L’accessibilité financière au logement est de plus en plus problématique. M. Roy déplore que plus de 6000 ménages en Outaouais consacrent la moitié de leur revenu dans le paiement de leur loyer. Il est conseillé d’y consacrer 30%.

«On doit se rendre à l’évidence. Si tu gagnes 1200$ par mois, ça ne te fait pas beaucoup d’argent pour ton loyer. Les appartements à 300 ou 400$ sont rares.»

Logemen’occupe répond à une soixantaine de demandes d’aide par mois. Au lendemain du 1er juillet, une quinzaine de cas ont été répertoriés par l’organisme. Un chiffre conservateur aux dires de François Roy puisque plusieurs ménages ne font pas appels aux organismes communautaires.

Pénurie de logements abordables

Les logements abordables sont en pénurie selon les chiffres de l’Office municipal d’habitation (OMH) de Gatineau. Près de 1000 noms se retrouvent sur la liste d’attente annuellement.

«L’accessibilité au logement c’est le nerf de la guerre, constate Mario Courchesne, directeur général de l’OMH de Gatineau. On ne vit pas une crise, mais nous sommes dans une situation de pénurie de logements abordables.»

Le parc locatif compte près de 5500 logements abordables à Gatineau. Les organismes communautaires souhaitent qu’il y ait de nouvelles mises en chantier afin de remédier à la crise.

De son côté, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) demande au gouvernement de donner suite aux recommandations de la Commission populaire itinérante sur le droit au logement. Dans le rapport, on insiste sur la recommandation d’accroître de manière urgente la construction de logements sociaux, présentement limitée à 3000 par année.

Les loyers plus nombreux

Selon le dernier rapport publié par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le taux d’inoccupation a doublé au cours de la dernière année pour passer de 2,1% à 4% entre avril 2012 et avril 2013. Malgré tout, les loyers disponibles ne répondent pas à la demande.

«C’est souvent mission impossible pour les gens travaillant au salaire minimum ou qui sont sur l’aide sociale. C’est de plus en plus difficile pour les familles à revenu modeste de trouver un loyer. Les logements disponibles ne sont pas abordables pour eux», affirme M. Roy.

Francis Cortellino, analyste principal de marché pour la région de Gatineau à la SCHL, souligne que cette hausse du taux d’inoccupation peut aussi avoir des effets positifs. «Les impacts sur le marché locatif seront à l’avantage des locataires. On pourra remarquer une augmentation plus modérée des loyers», souligne-t-il.

<lire l'article original sur JournalLaRevue.ca>

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